| Le travail
de nos chiens ne doit ressembler vraiment ni à celui du pointer
anglais,
ni à celui du braque allemand. La race britannique a été créée avec
80% de sang de braques
provenant des deux versants des Pyrénées,
mais des additions exogènes ("out crosses" sic)
et une sélection
intensive ont été faites pour donner plus de brio
et de vitesse pure.
Le braque allemand, race à l'origine voisine de celle des
braques français a été voulue au contraire,
par les éleveurs d'outre-Rhin pour un usage très polyvalent avec en particulier
la recherche
dé la méchanceté (schaerfe). Cette
"dureté" des sympathiques cousins germains, leur permet de supporter
un dressage
rigoureux et sévère. Ils acquièrent facilement ainsi l'étranglement ou la mise à mort a I'aide
d'un
seul coup de dents contre les fauves et les chats. Le rapport du
renard est aussi aisément acquis.
Le braque français est un chien de caractère doux
et débonnaire, très intelligent, mais qui supporte
mal la mécanisation "à l'anglaise", ni la formation "à
la prussienne". Nos chiens veulent comprendre
d'eux mêmes
ce que l'on désire d'eux, mais ont en général I'inconvénient de mal "encaisser"
les brutalités.
Ils se déclarent immédiatement
et se dressent presque seul pour faire plaisir à leur maître,
mais ils admettent
mal de ce dernier, les punitions qu'ils croient imméritées.
Notre race de "type Pyrénées" a un style
un peu différent de celui du "type Gascogne".
Les
petits sujets sont en général plus impétueux et rapides, rappelant leurs ancêtres
que les anciens auteurs décrivaient comme paraissant "voler
au-dessus du sol".
Toutefois, nos deux variétés ne travaillent
jamais vraiment à la façon des "Anglais".
En général, rien chez eux dethéâtral : ni survitesse, ni catalepsie exagérée,
ni port de tête immuable et "Mussolinien".
Nos chiens donnent l'impression d'économiser au maximum
leurs forces comme
s'ils travaillaient " à l'indice de performances". Lors qu'ils démarrent, ils semblent
partir pour
une course de demi-fond et non pas pour un 100 mètres. On a toujours I'impression qu'ils prennent
le départ pour
chasser une journée et non pas pour un spectacle d'un quart
d'heure.
L'arrêt est très ferme, mais pas exagérément
cataleptique. Nos chiens conservent toute
leur connaissance, ce
qui leur facilite beaucoup la possibilité de "couler" d'une
manière raisonnable
et même à I'ordre lorsque
le conducteur ne peut arriver à la botte en raison d'un obstacle infranchissable.
Le braque français, travaille avec son intelligence et son
instinct, ne doit jamais donner I'impression
qu'il a été
dompté ou mécanisé. S'il fait parfois des crochets en dedans,
et même qu'il freine ou
repasse presque à la même
place, c'est souvent qu'il a eu une perception I'avertissant qu'il y a risque
de passer
du gibier et de le faire voler. Cette caractéristique ainsi
que les contrôles au sol, s'ils sont brefs
et justifiables, ne
sauraient être considérés comme faute, bien
au contraire.
Ce port de tête ne doit pas être immuablement très
haut, mais variable, c'est-à-dire qu'il
doit rechercher l'émanation
où elle se trouve dans telle ou telle condition.
Le galop est souple et économique et peut même être
parfois entrecoupé
de temps de trot lorsqu'il y a doute sur
des émanations faibles.
Le port de fouet doit être moins relevé que chez le
braque allemand, même en période d'excitation.
A I'arrêt,
I'angle de la queue a le droit de figurer celui qu'on appelle à "huit
heures dix".
Pour donner une impression "de chasse dans la joie",
le fouet peut être animé d'un mouvement de va
et vient
pendant la quête et I'approche du gibier mais ne devrait pas être
fouaillé en position d'arrêt.
La façon de retrouver le gibier blessé est beaucoup
plus importante et utile que la façon de le rapporter
au
maître. La piste peut être embaumée le nez très haut
et au galop si l'émanation est forte et haute,
au contraire
au petit pas et le nez à terre si l'émanation est collée au sol,
à faux vent
et si le "scent" est difficile.
La dent douce est très recherchée. il vaut mieux
que votre chien risque de laisser
tomber une ou deux secondes par
excès de douceur plutôt que d'écraser le gibier par excès
de passion.
La vitesse de retour au maître ne doit pas compter; le gibier
est assez rare et précieux pour
que nous n'ayons pas I'impression de faire du travail "aux pièces".
Si le retour au maître dure
20 secondes au lieu de 10, la
jouissance n'en sera que double pour humain et canin !
Les épreuves avec gibier tiré sont les plus intéressantes
pour la sélection. Elles sont beaucoup
plus difficiles pour
de nombreuses raisons, ne serait-ce que parce que le gibier, sachant
qu'il
défend sa vie, est beaucoup plus dur à travailler qu'une perdrix du mois d'avril,
qui sait qu'elle ne risque rien
et ne pense qu'à l'amour.
En été ou en automne, les conditions de "scent"
sont plus dures, !a végétation beaucoup
plus variée.
Les points sont souvent beaucoup plus variée. tes points sont souvent beaucoup
plus ardus à prendre sur des cailles (piéteuses et
qui ont peu de "sentiment"), des faisans
qui peuvent courir à
la vitesse d'une autruche, des lièvres qui savent retenir
leurs effluves
lorsqu'ils se sentent en danger.
Nos braques ne devraient pas être rebutés par les
friches,
les broussailles, les épines, les marais, l'eau
profonde.
Ils ne doivent pas présenter de signes de nervosisme, par
exemple de halètements
en attendant le découplé, fouailages brutaux et plaintes d'énervement à I'attache
etc...
Le Braque français n'est pas sensible à la
chaleur, à la sécheresse et à fa soif.
Nous ne devons pas tout de même trop stéréotypé
le style à imposer car
il existe souvent dans chaque famille, des nuances lui conférant un cachet spécial.
Pour résumer, le Braque français ne doit pas être
un "cabotin" ne recherchant que
des effets brefs et spectaculaires
mais un collaborateur agréable,
intelligent et pratique pour un
travail de longue haleine.
Là doit être basée la vraie sélection.
*gracieuseté du Club du braque Français (de
France) |